Green Web Foundation : vers un web sans combustibles fossiles

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Green Web Foundation : vers un web sans combustibles fossiles

Olivier
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Avant d’aborder la Green Web Foundation, commençons par une question simple. Qu’est-ce que le transport aérien et l’hébergement web ont en commun? La réponse n’est peut-être pas celle que vous pensez.

Internet peut paraître invisible et immatériel pour la plupart d’entre nous. Son activité libère toutefois la même quantité d’émissions de carbone que l’ensemble de industrie aérienne.

Les serveurs qui alimentent les millions de sites et d’applications du Web représentent 10 % de la consommation mondiale totale d’électricité.

L’empreinte carbone de l’hébergement web  à elle seule représente près 4% des émissions mondiales en 2024. C’est plus de 1,5 milliards de tonnes de CO2 par an!

C’est notamment dû à la popularité croissante du streaming. Diffuser une seule heure de contenu sur Netflix consomme ainsi plus d’énergie que l’utilisation annuelle de deux réfrigérateurs modernes.

Initier un changement durable

Il peut sembler impossible de rendre Internet écologique et responsable. C’est toutefois plus réaliste qu’il n’y parait au premier abord.

C’est pourquoi la Green Web Foundation travaille avec divers organismes et individus pour créer des initiatives durables. Elle espère ainsi changer les pratiques et permettre un avenir plus vert.

« Nous pouvons facilement accéder à un Internet sans combustibles fossiles d’ici 2030, car ce secteur est plus facile à décarboniser que d’autres secteurs comme l’agriculture ou l’aviation. Les centres de données n’ont pas besoin de voler dans le ciel comme le font les avions. Il devient donc plus facile de les alimenter en énergie verte. »

Chris Adams, directeur exécutif de la Green Web Foundation.

Depuis 2006, la Green Web Foundation maintient un ensemble de données ouvert. Celui-ci permet de suivre les hébergeurs web vert et les utilisateurs d’énergie renouvelable.

L’équipe se compose d’une dizaine de personnes qui travaillent ensemble afin de créer des outils de suivi numérique et des initiatives visant à changer le discours autour de la durabilité.

Accélérer la transition vers un web vert d’ici 2030

Avant de se joindre à la Green Web Foundation, Chris était déjà un consommateur de sa plateforme. Plus précisément, il avait recours à son outil de vérification web vert.

Il a utilisé cet outil pour rechercher plusieurs des sites web les plus populaires du web afin de voir s’ils fonctionnent à l’énergie verte. Des années plus tard, il est devenu une partie de l’équipe à temps plein, puis son directeur exécutif.

« Nous gérons maintenant des choses comme une bourse, spécifiquement pour aider les technologues à comprendre comment intégrer une prise de conscience du climat dans leur travail. Et tout est open source. Les gens bloguent sur ce qu’ils apprennent et créent des ressources ouvertes dont ils peuvent apprendre. »

Le programme de bourses de la Green Web Foundation intègre des technologues du monde entier. Celles-ci collaborent avec le projet pour créer des idées et promouvoir des changements dans les politiques et l’hébergement.

La transparence joue un rôle essentiel dans ce que fait la Green Web Foundation. Selon Chris Adams, la lutte pour un Internet vert ne concerne pas seulement l’énergie, mais aussi le pouvoir.

« Vous pouvez donc considérer la bourse comme une intervention de notre part pour voir si nous pouvons changer une partie du récit, en plus de créer les ensembles de données pour éclairer les décisions que les entreprises ou les gouvernements pourraient devoir prendre »

Il y a plusieurs obstacles à la neutralité carbone. L’un des principaux est que la durabilité ne figure pas en tête de liste pour de nombreuses entreprises.

Bien sûr, la plupart n’ont pas accès au capital ou aux ressources des géants de la technologie comme Google, Facebook et Microsoft. Ils se concentrent donc généralement sur la rentabilité et la croissance.

Heureusement, divers gouvernements commence à prendre des mesures encourageantes. Par exemple, la création de listes d’organisations qui fournissent de l’énergie verte à des prix abordables. Chris Adams y voit un signe positif.

« Nous voyons maintenant des signes prometteurs en Amérique, en Europe et en Chine, où les gens militent pour un réseau plus vert. Il faut quand même aller de trois à quatre fois plus vite qu’actuellement. Mais nous avons accéléré de façon impressionnante au cours des deux ou trois dernières années. »

Aider les gens à adopter des pratiques numériques durables

La plupart des services de la Green Web Foundation reposent sur la transparence. Celle-ci permet au public d’avoir confiance en son objectivité et la crédibilité de ses informations.

Sa collection d’outils permet aux utilisateurs d’obtenir les données dont ils ont besoin pour prendre des décisions éclairées sur l’hébergement web et d’autres éléments.

Ses outils jouent un rôle énorme dans sa pertinence et sa légitimité. L’équipe fait toutefois également appel aux entreprises, aux politiciens et aux universitaires pour faire avancer les initiatives vertes.

« Nous pouvons montrer comment appliquer des idées ou la durabilité numérique dans la façon dont les gens travaillent. Les données doivent exister dans le domaine public afin que nous puissions avoir une population informée qui peut prendre des décisions éclairées en tant que décideurs, entreprises et individus. »

CO2.js : un outil incontournable de la Green Web Foundation

Un des outils que la Green Web Foundation a créé est le projet CO2.js. Celui-ci aide les développeurs à estimer les émissions liées à leurs sites web et leurs applications.

L’équipe de la fondation s’est associée à Mozilla pour créer la bibliothèque JavaScript open source CO2.js. Elle permet aux développeurs d’optimiser afin de réduire les émissions de carbone. Et ce, tout comme ils optimiseraient leur site ou logiciel logiciel pour la performance ou le référencement.

« Vous pouvez voir en détail quelles parties d’un service ont un impact environnemental. Et environ 100 millions de personnes utilisent CO2.js chaque jour. »

Les outils de la Green Web Foundation ont aidé de nombreuses personnes à mettre en œuvre des pratiques vertes. Ils ont aussi favorisé la sensibilisation au carbone dans de nombreux projets.

L’équipe a également eu des conversations avec de nombreux décideurs. Celles-ci portaient sur l’intégration d’idées liées au codage vert dans divers programmes.

Les membres de l’équipe ont récemment rencontré l’Internet Engineering Task Force. Ils ont discuté de leurs objectifs carbone et organisé des ateliers sur un document qu’ils ont rédigé conjointement.

« Nous avons créé un document expliquant et détaillant comment vous pourriez remanier les protocoles de réseautage pour tenir compte de notre sensibilisation au carbone. Ainsi, lorsqu’il y a du houblon sur Internet, le réseau lui-même peut déterminer quel est le houblon le plus écologique. ».

Combler les lacunes pour un avenir plus brillant et plus vert

La Green Web Foundation a aussi une entreprise encore plus vaste en cours de préparation. L’organisation cherche à automatiser la progression de ses données ouvertes pour aider à offrir un avenir plus vert au web.

Le projet est appelé Carbon.txt. Il permettra à la Green Web Foundation d’éliminer son processus de vérification manuelle de la consommation d’énergie verte d’une organisation.

« Cela fonctionne actuellement grâce aux organisations qui s’inscrivent et qui partagent de l’information avec nous. À long terme, nous avons réalisé que nous voulions l’avoir pour qu’il n’y ait pas besoin de la Green Web Foundation. Mais cela fait partie du fonctionnement d’Internet. »

En automatisant ses services, la Green Web Foundation peut contribuer à faire de la vérification écologique une norme dans l’industrie de l’hébergement.

Avec le projet Carbon.txt, les utilisateurs n’auront plus à compter sur un seul fournisseur. L’équipe cherche à s’associer à d’autres groupes qui publient des rapports et des preuves sous-jacentes. Le but est d’élaborer un protocole standard et mettre à l’échelle un ensemble commun de données.

« C’est l’une des façons dont nous pouvons atteindre l’échelle sans avoir une seule organisation qui se développe pour servir la planète entière. Alors que si vous pouvez avoir une convention ou un protocole, il peut évoluer beaucoup plus rapidement. »

Le répertoire Carbon.txt de la Green Web Foundation

Le web et les services numériques sont devenus de plus en plus complexes, de nouvelles technologies émergent chaque année. Cette complexité peut rendre plus difficile pour les utilisateurs et les entreprises de suivre la chaîne d’approvisionnement de ces services.

La Green Web Foundation élabore actuellement un répertoire pour aider les gens à mieux connaître leurs chaînes d’approvisionnement pour les combinaisons technologiques.

« Nous sommes en train de tester un nouveau répertoire, conçu pour permettre aux organisations de voir quelles parties de leur pile technologique sont déjà vertes et lesquelles ne le sont pas. »

L’outil de répertoire était un élément manquant de l’initiative de vérification écologique. Il aidera de nombreuses personnes à comprendre la durabilité de divers services. Ceux-ci incluront le stockage, l’informatique, le réseautage et les bases de données.

Une fois publié, le répertoire alors sera visible par tout le monde. Il permettra aux utilisateurs de lire les différentes technologies pour prendre des décisions éclairées sur leur utilisation écologique et les fournisseurs.

« Si vous offrez des services numériques, veuillez communiquer avec eux s’ils sont verts afin que nous puissions vous inscrire. Et si vous êtes curieux de certains de ces éléments, veuillez exprimer votre intérêt pour Carbon.txt ou nos autres services, car nous les intégrons dans un tas d’outils. Pour que vous puissiez vérifier vos sites Web et voir quels changements vous pourriez devoir apporter à l’avenir. »

Pour conclure sur la Green Web Foundation

Au cours des dernières années, la Green Web Foundation est devenue une organisation incontournable sur Internet. Grâce à ses outils et sa informations détaillées, la modeste fondation s’est transformée en une véritable référence en matière de développement numérique durable.

Via ses différentes initiatives, l’organisation vise à sensibiliser la population et les décideurs à l’importance des enjeux écologiques, y compris dans l’univers web. La fondation met d’ailleurs de l’avant plusieurs raisons de choisir un hébergement web vert.

Tout ses outils sont donc gratuit et libre d’accès, afin de permettre à tous et chacun de connaître son empreinte carbone numérique et d’agir pour la réduire.

La fondation a ainsi espoir de changer les choses avant qu’il ne soit trop tard. Il faut dire que les progrès effectués aux cours des dernières années semblent lui donner raison et justifier ses efforts.

Ex2 est fier d’être reconnu pour ses efforts écologiques par la Green Web Foundation. Contrairement à des concurrents français comme o2switch et OVHCloud, Ex2 est inclut au répertoire des hébergeurs web écologiques.

Nous espérons que cet article vous a plu et vous a éclairé sur la Green Web Foundation. Si c’est le cas, nous vous invitons à consulter nos autres autres articles et tutoriels.

N’hésitez pas non plus à consulter notre base de connaissance. Vous y trouverez une foule d’articles détaillés pouvant répondre à toutes vos questions web.

Olivier

Olivier est un blogueur et développeur web expérimenté. Il créé et gère des sites WordPress depuis plus de 12 ans, et possède plus d'une décennie d'expérience en tant que rédacteur web.